JIB..CUBE.GALLERY

TÉMOINS ET PASSEURS

C’est le titre choisi pour cette installation, j’aurais pu dire aussi :
DES LARMES ET DES ARMES,
TRACES ET MÉMOIRES,
COMÉDIE HUMAINE,
IDENTITÉS ET EXISTENCES,
OMBRES ET LUMIÈRES,
LA DIVINE COMÉDIE,
ÉLOGE À LA FOLIE,
J’ai retenu longtemps « ACTUALITÉS ÉTERNELLES «, titre du manuscrit de
MAX JACOB...

Tout à commencé à la parution de la revue ELLE en date d’avril 2001, témoignant de la terrible réalité de l’obscurantisme infligé aux Afghanes et aux Afghans, ces articles m’ont profondément révoltée. Il me fallait donner une forme à tout cela.
Je ne sais pourquoi, je me suis identifiée à ces femmes : être obligée de me voiler la face serait pour moi l’anéantissement de mon être, cela m’a paru insupportable.
Il peut y avoir l’acceptation des traditions, des coutumes et des croyances mais pas
dans la privation de liberté, pas dans la négation de l’être humain, sans entraver la dignité de chacun.
Tout le monde connaît ensuite la folie destructrice : les Talibans, le commandant
MASSOUD, le 11 Septembre 2001, l’IRAK.
Au fur et à mesure, ces catastrophes en chaîne ont nourri ma révolte et ma réflexion contre quelque chose qui n’a pas de nom. Tant de gens, au Nord, au Sud, à l’Est, à l’Ouest se sont mis debout depuis la nuit des temps. Mes illustres inconnus, mes inconnus célèbres ont oeuvrés à leur manière, ils ont fait de grandes actions, de petites choses, de petits gestes, qui mis bout à bout forgent les armes contre la surdité, l’aveuglement, l’insensibilité, les déviances inouïes.
C’est ainsi que s’est développée la galerie de portraits présentée sous la forme tra-
ditionnelle de médaillons. Ces objets précieux, portés près du corps ou en épitaphe sur les tombes étaient à la fois présence et absence. Au revers de ces objets mémoire, un nom, une date, parfois un chiffre était écrit au crayon à papier par le photographe renforçant le côté dérisoire, la fragilité du temps.
C’est dans cet état d’esprit que les photos ont été choisies : dans ma boîte à images, les revues, les manuels scolaires. Au revers j’ai inscrit un mot dit commun pris au sens propre ou au sens figuré, mots de vie, mots de douleur, recherchés en fonction du travail, des itinéraires, de la personnalité de chacun. Dans le choix des mots l’intuition avait aussi sa part.
Tous réunis dans un temps présent, chaque médaillon projette son ombre et amène sa lumière ou son reflet. La forme ovale focalise l’attention, le regard se fait proche et intime. Mots et portraits peuvent être interchangeables, aussi faut - il y voir une lecture globale où chacun serait une facette d’un unique personnage oeuvrant dans le respect des libertés humaines pour une même utopie.

O. Guenier
WITNESSING EVENTS AND EXCHANGING IDEAS,
This installation could have a number of different titles such as :
Arms and tears
Traces and memories,
Human comedy,
Identity and existence,
Shadow and light,
The divine comedy,
In praise of madness,


Or even Eternal News, the title of Max Jacob’s manuscript.
In april 2001 I read an article in ‘’ELLE ‘ magazine about the terrible plight of the Afghani people. I am unclear as to the reason, but I identified strongly with the Afghani women; it seemed to me that being forced to wear a veil was a denial of the self and quite intolerable. Although I respect local customs and beliefs, I believe this should be tempered by liberty, human rights and dignity.
Subsequent events such as the death of Massoud, the legacy of the Taliban, September 11 2001 and the war in Irak nurtured within me a sense of disquiet and a feeling, as yet undefined,that I should react in someway. There have been so many people, from so many spheres of life ,
who have, in their different ways, spoken out against these outrageous acts.
Within this context I responded by developing a portait gallery of medallions; precious objects, either worn close to the body or used as an epitaph on a tomb, representing those present or absent.
On the reverse of each portrait is a name, date and sometimes a number, written in pencil by the photographer, underlining a sadness at a particular time and the fragility of time. The photos were chosen in this context; they were taken from my box of pictures, from magazines, and from school books. On the back of each portait I wrote a word, literal or figurative, about all aspects of life. Every word was chosen according to the work, the life and the personality of each person. My personal views also played a role in my choice of words.
United in the present, each medallion gives off a shadow, as well as a light or reflection. The oval shapes of the medallions make the portraits close and intimate. Both the words and portraits can be seen as interchangeable, and, equally, that each individual is working for the rights of human beings and one Utopia.


O Guenier
translated by Jenny Price
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